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EGALITE

Les êtres vivants doivent coopérer, construire un équilibre, une égalité,

pour survivre dans leurs contextes.

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Construit dans une culture

Au-delà de sa construction pas nature (voir la page « Etre par nature »), un être vivant a une existence qui s’inscrit dans une histoire et un contexte du groupe auquel il appartient.

En particulier pour l’espèce humaine qui possède des capacités de représentations, de communication et de vie en société très développés, en comparaison à tous ses autres congénères vivants (ethologie), sa représentation du monde et de la société semble se construire et s’intégrer à l'intérieur du contexte dans lequel il vit.

Notamment ses moyens de communication (langages entre congénères, groupes, famille, ...), ses modes de vie (culinaire, pratiques sociales, culturelles, vestimentaire, ...), sa description de la réalité (la Terre est plate, le centre de l'univers,...) avec ses échelles de valeurs (pondération partagée dans une société, de la description de la réalité, qui permet à l'individu de préjuger et d'anticiper des effets, allant de sûrs à glorieux, de ses actions dans cette société) et ses mystères, amenant à des croyances, peuvent être très différents entre groupes (anthropologie, sociologie).

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Une construction qui se "fige" en grandissant...

Si un enfant qui vient de naître, adopté par une famille quelconque sur n'importe quel point de la planète, sera capable d'apprendre la langue et de faire sien les modes de vie de sa famille adoptive, un être humain ayant déjà atteint sa maturité d'adulte sera beaucoup moins capable de remettre en question intégralement sa culture et de s'adapter à un contexte très différent (Les Héritiers, Les étudiants et la culture, Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron,1964).

L'exemple du langage, directement visible, est un exemple très démonstratif de ce "figeage" de nos modes de fonctionnement arrivé à un certain âge. En effet, un adulte en moyenne n'aura pas les capacités de réapprendre d'autres langages au même niveau que sa langue maternelle, si ce n'est en fournissant un effort d'entrainement quotidien colossal.

Le langage oral est d'ailleurs un bon exemple concret de la frontière Nature/Culture:

  • la "capacité par nature", capacité innée biologique, est de pouvoir faire vibrer l'air (appareil vocal: corde vocal, bouche, langue,...), d'associer à des sons des significations partagés dans un groupe, que l'appareil auditif et la partie de traitement des sons de notre cerveau va pouvoir décoder suite à l'apprentissage de ces significations.

Cette capacité d'utiliser les vibrations de l'air pour s'échanger des informations est spontanément créée par le vivant, et commune à nombres d'espèces, notamment l'espèce humaine.

  • la "capacité culturelle" est une langue. C'est une capacité acquise par transmission des ainés correspondant à une certaine manière d'utiliser cette capacité biologique. Cet entrainement mené dès les premiers instants de nos vies vient modeler l'ensemble des organes qui permettent de produire et traiter ces sons, au point que certains sons en dehors de sa propre langue pourront être très difficiles à produire ou à distinguer.

D'où l'intérêt de s'ouvrir très tôt à différents langage pour entrainer son appareil vocal et auditif à être robuste à une gamme plus étendue de sons.

D'un point de vue théorique, de la manière dont nous faisons vibrer l'air pour échanger des informations, nous pourrions donc inventer une infinité indénombrable de langues.

D'un point de vue pratique, le fait d'avoir une langue commune partagée entre tous les êtres humains pour nous comprendre est la première brique nécessaire pour permettre une cohérence et une concorde entre les être humains.

De la même façon que notre langage se "fige", tout un ensemble de modes de fonctionnement se stabilise arrivé à l'âge adulte, et une variation de ces modes de vie peut être un effort d'adaptation qui serait trop important pour la plupart d'entre nous pour être acceptée.

 

Pour ne citer qu'un autre exemple très illustratif aussi, les habitudes alimentaires : demander à toute une population de passer du pain au riz, ou inversement du riz au pain, comme condiment pour accompagner tous les repas, est un changement de modes de vie qui serait inacceptable pour la grande majorité de ces populations adultes.

 

De la même manière que ces modes de vie "visibles à l'extérieur" se figent, notre représentation du monde et nos échelles de valeur, qui sont des constructions mentales de notre cerveau, elles aussi se "figent" et ne peuvent pas être remises en question instantanément, sans demander un effort plus ou moins important d'acceptation du changement et d'apprentissage.

De la même manière que beaucoup d'entre nous ne serait pas capables d'abandonner le pain en le remplaçant par un bol de riz à chaque déjeuner, ou inversement, si c'était notre culture, aussi simplement qu'il peut nous être difficile en France d'utiliser indifféremment "pain au chocolat" ou "chocolatine", nous ne serons pas capables d'abandonner certaines représentations que nous avons acquises depuis notre petite enfance. 

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... d'où un respect nécessaire des différences...

Du fait de ce figeage à l'âge adulte de nos modes de vie, naît le principe de laïcité : nous ne pouvons pas nous demander à tous tout le temps d'être dans l'effort permanent de nous transformer, sachant qu'il n'existerait pas en soi de bonnes ou mauvaises cultures.

L'acceptation et le respect des différences est alors nécessaire pour permettre une cohabitation sereine des êtres humains.

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... mais une construction qui peut être dans "l'erreur"

Toutefois, toutes les cultures, dans toutes leurs différences, seraient confrontées à la même frontière qui est de respecter notre nature d'être vivant. Comme présenté dans la page "Etre par nature", si les trois dimensions d'un être vivant se protéger/se nourrir/se reproduire ne sont pas respectées par une culture donnée, des fonctions vitales d'auto-défense des individus agressés peuvent s'animer au point de se révolter contre l'ordre établi.

En ce sens nous pourrions dire que ces cultures seraient dans "l'erreur", c'est-à-dire non respectueuse de notre intégrité d'être vivant.

Ainsi, de nombreuses cultures de notre histoire qui portaient/portent en elles une domination forte d'un groupe sur un autre, allant parfois jusqu'à l'application volontaire de douleurs physiques et/ou morales sur un groupe donné, peuvent, avec le recul d'un regard extérieur, être analysé comme dans "l'erreur".

​Pour ne citer que quelques exemples:

  • la domination des blancs sur les noirs;

  • l'homme supérieur, femme objet;

  • la culture de l'excision : une des formes de mutilations génitales féminines.

  • la culture des pieds bandés: mères qui de génération en génération brisaient les pieds de leurs propres filles pour les miniaturiser;

  • le fils héritier: pères qui ne voulaient qu'un fils, au point de renier leur fille, au point de tuer leur fille (politique de l'enfant unique), paralyser par cette obsession du fils héritier toute leur vie durant.

  • la culture des rois conquérant: un roi partant en bataille pour démontrer sa force; fameuse bataille de 1515 à Marignan où le tout jeune roi français François premier, dans sa première année de régence, était allé démontrer sa puissance, massacrant une population de plein droit, et sa propre armée dans le même temps, et donnant à ce roi sa gloire qui traverse l'histoire.

Tous ces modes de vie qui ont traversé​ l'histoire, montrent que les adultes, intégrés dans leurs contextes, semblent répéter spontanément l'héritage culturel qu'ils reçoivent, au point de pouvoir devenir des tortionnaires, voire les tortionnaires de leurs propres enfants.

 

Analysé simplement, le respect, la confiance absolue spontanée, l'amour naturel que l'on a envers nos parents (nos aînés) pendant nos premières années de vie, pourrait nous amener à une cristallisation, une forme de paralysie sur certains repères, sur certaines exigences de mode de vie en vigueur à notre arrivée sur Terre, simplement parce que nous les aimons et souhaitons être aimés par eux et reconnus comme "en réussite" dans la société du moment.

 

Tous ces exemples de culture ci-dessus illustrent à quel point ce principe de transfert des pratiques de générations en génération peut mener à un véritable verrouillage culturel à grande échelle, verrouillé alors par toute une société, au point que nous puissions briser tous ensemble les pieds de nos propres filles (culture des pieds bandés en Chine)...

Tout comme nous ne serions pas capables d'abandonner le pain en le remplaçant par un bol de riz à chaque déjeuner si c'était notre culture, tout comme nous ne pourrions pas changer de langue du jour au lendemain, nous ne pouvons pas imaginer demander à toute une région du monde d'arrêter telle pratique (par exemple d'arrêter d'exciser les enfants, ou encore d'arrêter de briser et miniaturiser les pieds des jeunes filles) parce que cela "est bien", et espérer que cela soit fait le lendemain.

La nécessité de sortir de ces "erreurs" persiste, de transformer ces cultures pour qu'elles soient en mesure de respecter la nature de chacun.

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Engagements, ignorance, tolérance

Nos cultures et conventions devraient donc permettre à tous de conserver à chaque instant nos capacités d'adaptation, gardant au centre dans nos coeurs que rien n'est immuable. Elles devraient donc éviter les messages et pratiques qui proposent de verrouiller publiquement de manière absolue et définitive certaines réalités, décisions, engagements qui peuvent être liés à la connaissance de nous même dans un contexte donné à un moment donné.

La trahison à l'échelle personnelle, le non respect de ce qui est explicitement ou implicitement (par l'établissement d'un mode de vie, d'habitudes) agréé entre des personnes, resterait une douleur de nature comme exposée dans la page "L'origine du vivant".

Une culture qui place une décision, un engagement personnel à l'échelle publique (engagement fait devant une audience publique étendue et non contredit en séance) peut donc générer un sentiment de trahison "vis-à-vis de tous" dans le cas où cet engagement n'est plus tenu: le jugement social, le regard des autres peut
alors ajouter un poids dans une situation de changement peut être déjà difficile.

Une culture qui place un engagement sous le joug "publique sacré éternel" (par exemple d'une religion) vient alors amplifier le poids du non respect d'un engagment à son paroxysme en le plaçant comme une trahison "vis-à-vis de Dieu",
c'est-à-dire ce qui devrait être l'essentiel de tout pour tous dans l'Univers: en ne respectant pas cet engagement, ai-je trahi ma propre essence et ce qui nous réunit tous ? La question est terrible et peut venir exacerber la douleur à son paroxysme, "notre existence en soi" n'étant plus rien du fait de la non tenue de cet engagement face à "l'essentiel absolu".


Nous voyons donc que nos cultures peuvent parfois être l'origine de paralysie de fonctionnement et d'
amplificateur de douleur dans des situtations déjà difficiles. Bien au contraire, nos cultures devraient donc éviter cette démultiplication du sentiment de trahison en respectant le caractère exclusivement privé de certains engagements.


En terme d'engagement au niveau personnel, il serait donc important de partager honnêtement entre les personnes impliquées ce que l'on ressent et ce à quoi on peut se tenir à un instant donné (et non pour l'éternité), pour être vraiment capable de respecter ce qui a été dit, ce à quoi on s'engage mutuellement. "S'engager pour l'éternité", "être tout pour un autre", "attendre de quelqu'un d'autre qu'il soit tout pour soi" seraient des sur-exigences qui supposeraient une connaissance, une constance et une maitrise de soi-même, en parfaite adéquation avec celle d'un autre, et de manière absolue pour toute la vie, ce qui peut ne pas correspondre avec notre réalité de nature.


Notre capacité de tolérance et d'adaptation devrait donc laisser de la place à notre propre ignorance de nous même et du monde à chaque instant.

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L'équilibre de chaque individu semble être un équilibre entre sa propre nature vivante et les exigences de la société dans laquelle il évolue. Ainsi, tout comme le développement humain est parvenu à apporter la paix sur une surface étendue de la planète au cours de ces dernières décennies, le travail doit être poursuivi pour améliorer notre compréhension de notre nature vivante, pour rendre notre société toujours plus respectueuse de ce que nous sommes et capable de nous donner à tous une place vivante, tous les jours de notre vie, du premier au dernier jour de notre voyage sur terre et au-delà dans l'univers.

En terme de politique des Nations, il serait donc intéressant d'éviter d'exacerber nos cultures en les plaçant comme "l'âme d'une Nation", ce qui nous définierait au plus profond de nous-mêmes. Les cultures sont bien réelles mais seraient la "partie visible de l'iceberg". Le fait que nous soyons des êtres vivants spontanément construit dans l'Univers serait notre première réalité commune de nature, la "partie immergée de l'iceberg" finalement prépondérante. "L'âme" serait alors une construction du vivant dont l'origine serait une principe permanent de l'Univers (inconnu jusque là), et pas une "propriété" d'un groupe d'êtres vivants de passage à un endroit donné à un moment donné, qui ferait appel à cette "âme", ce principe originel, pour s'autoriser à détruire un voisin vivant pour préserver la pérennité de son groupe, de sa culture.

Notre capacité de tolérance peut alors être travaillée quotidiennement, pas uniquement dans le sens de l'acceptation de la différence de l'autre, mais aussi dans l'acceptation que nos propres repères, nos propres mœurs, ne sont peut être pas eux-mêmes respectueux de notre nature vivante, dans l'acceptation qu'il nous faut peut être faire nous mêmes l'effort de nous transformer pour améliorer notre cohérence avec notre nature vivante...

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