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LE VIVANT

Phénomène stable sur des milliards d'années sur une planète, qui construit et anime des êtres vivants interdépendants dans la matière, auquel l'espèce humaine appartient.

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Les capacités techniques de l’espèce humaine

Depuis les premiers cailloux utilisés comme masses, couteaux ou projectiles ; jusqu'à aujourd'hui, la fabrication d'outils numériques capables de reproduire certains de ses raisonnements avec de meilleures performances (temps de réponse, précision), allant jusqu'à créer le terme "d'intelligence artificielle" montrant bien le doute qu'il a quant au sens de ses propres capacités et réalisations (cette "intelligence" est-elle "comme nous"... est-elle vivante?), l'homo sapiens a clairement démontré des capacités techniques extrêmement poussées pour comprendre son environnement et ses propriétés, et les utiliser pour construire des outils adaptés à toutes les échelles de son environnement.

Le déploiement d'outils pouvant reproduire toutes nos tâches dans tous les domaines est maintenant largement répandu : le travail de caissier, les automates pour les banques, le porte à porte et tous les services administratifs peu à peu automatisés sur nos smartphones, la conduite d'un métro, le pilotage des avions commerciaux, de combat (les drones totalement autonomes), les satellites, les fusées, les robots pour l'exploration spatiale, etc...

Aujourd’hui la démonstration est faite : oui l'espèce humaine est capable de construire des outils dans tous les domaines qui peuvent réaliser de manière automatisée pratiquement toutes ses activités et en mieux.

 

Toujours dans une tentative de prendre un maximum de recul, nous pourrions rassembler les compétences techniques de l’espèce humaine en trois catégories :

  • Capacité de décrire (le passé, le présent): capacité de décrire le monde qui l'entoure, d'en comprendre sa nature, ses propriétés et ses interactions, théoriquement de moins l'infini à plus l'infini dans toutes ses dimensions, de la formaliser et de l'échanger entre individus (oral, écrit).

  • Capacité de construire : faire l'usage de cette description du monde pour construire dans la matière des outils pour vivre et se protéger, peu à peu sur toutes les échelles de l'espace et du temps.

 

  • Capacité d'anticiper (le futur): capacité de décrire l'avenir, notamment d'en comprendre et identifier les risques, par analogies/projections de la description du monde que nous avons.

 

Au centre de ces capacités conçues par le vivant est notre système nerveux central (le cerveau), organe de traitement de l’information et des quantités qui permet l’analyse et la représentation du monde, muni d'une curiosité spontanée qui recherche les bords du monde, dont le "langage" universel serait les mathématiques.

La description du monde que nous nous construisons tous pendant notre vie est donc essentielle car elle est notre guide de chaque instant pour construire le présent et anticiper les risques que nous devrons surmonter demain. De ce fait, il semble essentiel de conserver cette capacité en l'entrainant régulièrement à corriger, compléter, voire transformer notre représentation du monde que nous avons afin d'éviter de la voir se figer dans des "croyances en des Vérités immuables" qui ne nous protégerons pas du prochain météorite qui viendra percuter la Terre.

Ainsi, de génération en génération, l'attitude des ainés envers les plus jeunes n'est donc pas de les dominer de leur savoir, mais bien de leur transmettre l'état de ce qu'ils ont compris du monde, les plus jeunes recevant avec respect cet héritage, et de leur rappeler qu'ils peuvent faire mieux pour aller plus loin le lendemain...

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Aparté de philosophie et de logique

L'histoire des êtres vivants et les capacités de l'espèce humaine présentées ainsi peuvent nous amener à repenser certains repères philosophiques que nous avons hérités de notre histoire.

Par exemple, un relativement central dans notre culture occidentale en 2020, "la séparation du corps et de l'esprit" : le fait que l'esprit serait une réalisation supérieure de la nature qui nous ferait
sortir du monde "animal", pouvant presque aller jusqu'à nous faire oublier que nous sommes avant tout par nature des êtres vivants, inclus dans le vivant et semblables à tous les êtres vivants.

Nous pouvons par exemple facilement retenir de nos cours de philosophie

"Je pense, donc je suis"

(Principes de la philosophie, René Descartes, 1644 - en latin "Cogito, ergo sum"),

 

qui, enseigné suffisamment tôt aux jeunes humains, peut donner comme repère, par la puissante simplicité de la formule qui ressemble à un théorème, que la pensée serait une sorte de nature première et ultime de l'être humain, pouvant alors devenir une forme de sur-exigence implicite dans nos vies.

Cette phrase est en fait une erreur de logique. "Je pense" n'est pas une condition sufffisante pour "être"; "penser" n'est pas une condition suffisante à notre "existence d'être vivant humain".

 

Il faut savoir qu'en 1644 l'espèce humaine n'avait une idée que très partielle de ce qu'était la matière, de quoi était fait les être vivants et de comment ils fonctionnaient - la connaissance du monde en dessous de l'échelle de la cellule n'a pu être vraiment accessible qu'à partir de 1900, donc très récemment - il faut donc recevoir ces héritages anciens avec un regard d'autant plus critique.

De plus la spontanéité de l'esprit à rechercher la simplicité peut souvent amener à simplifier les conditions nécessaires et les conditions suffisantes en de simples relations d'équivalence: "je pense donc je suis" => nous devons êtres très nombreux à l'entendre au Lycée comme "je pense = je suis", ouvrant ainsi la porte en la croyance de la toute puissance de l'esprit sur le corps, et dans le même temps ouvrant la porte à "notre sortie" du monde vivant du fait que nous ne pouvons échanger explicitement nos pensées avec les autres êtres vivants (...ils ne pensent pas, il ne sont donc pas).

D'autre part, de nombreux héritages culturels placent certaines réalités de notre nature vivante sous le poids de représentations très négatives (pour n'en citer qu'un: le péché), voire proposent de manière "sacrée" (par les religions) que l'espèce humaine ne serait pas un "animal"... alors que l'être humain est bel et bien un être vivant dont l'existence est liée à celles de toutes les autres espèces de notre biosphère finie.

Ce type de représentation peuvent "écraser dans l'oeuf" certaine réalité de notre nature d'être vivant, avec le danger de voir certaines intensités du vivant s'intensifier et, tel un barrage qui cèderait sous la pression, venir générer d'importants traumatismes.

Il serait donc nécessaire de conserver un regard critique sur nos héritages culturels qui peuvent parfois être méconnaissant, voire être en contradiction avec certaines réalités de nature, et à grande échelle pourraient peut être mettre en danger l'équilibre de notre biosphère finie.

Encore une ironie du sort, notre "sortie" du monde vivant serait enfin facilitée aujourd'hui par une de nos inspirations spontanées placée au rang de première valeur dans beaucoup de nos cultures, jusqu'à pouvoir devenir une croyance en sa "réalité absolue", "sans limites" (qui peut aller jusqu'à donner autant de valeur, voire plus de place, à l'absurde et au bruit plutôt qu'à la pertinence): la LIBERTE... qui ne doit donc pas nous faire oublier que nous sommes avant tout des êtres vivants existant dans une biosphère finie.

"Nous avons toujours le choix" pouvons-nous entendre/dire... est-ce vraiment le cas ? Si je suis "absolument libre", je peux donc choisir "en toute liberté" d'être homosexuel ou prêtre pendant différentes phases de ma vie ?

  • D'un point de vue des relations directes entre personnes:

"ma liberté s'arrête là où commence celle des autres"; c'est-à-dire personne ne peut m'imposer sa propre volonté comme je ne peux imposer ma propre volonté à personne.

C'est peut être cette liberté qui était vraiment revendiquée par les esclaves face à leurs tortionnaires : le refus catégorique de toute domination et d'abus de pouvoir, le respect de leur dignité, le respect de leur vie privée, le respect de leurs droits égaux à tous les autres êtres humains, le respect de leur existence : le RESPECT.

Cette liberté serait donc l'inverse de la croyance en la liberté absolue du choix, car elle parle de comprendre et accepter que dans nos vies il y a des LIMITES que nous ne pouvons pas dépasser sans allumer cette rage de vivre qui peut nous amener à la guerre.

  • D'un point de vue du fonctionnement d'une société:

nous héritons de tout un fonctionnement (culutre, institutions, outils, "règles du jeu",...) dont nous reproduisons principalement les modèles que nous avons appris (qu'ils aillent du "bon au mauvais"), et dont les transformations majeures, quand bien même nécessaires, se réalisent à grande échelle sur des générations. 

Notre représentation du monde seraient alors modelées par les échelles de valeurs d'une société donnée (ses niveaux d'importance), transmises par les ainées aux plus jeunes pendant leurs premières années de leurs vies, et modulant ainsi les "priorités", voire les exigences à tenir... LIMITANT donc dans notre inspiration en la liberté absolue.

  • D'un point de vue de notre vie personnelle et intérieure :

ce que nous sommes physiquement, ce que nous aimons et n'aimons pas, notre caractère sexué, de qui nous tombons amoureux, la peine que nous pouvons éprouver lors de la disparition définitive d'un être cher, l'envie de détruire la personne qui partirait avec la personne que l'on aime... tout cela nous ne le choisissons pas, ce sont des réalités de nature que nous vivons.

  • Enfin d'un point de vue de la pensée en elle même, la "liberté de pensée":

il semble en effet qu'il existe une dimension infinie, sans limites, de l'activité de l'esprit, pouvant assembler toutes les informations et idées du monde dans tous les sens, curieux à rechercher toujours les "bords du monde", foisonnant pour construire une trajectoire la plus fertile possible... mais dont la stabilité et la sérénité viendrait de sa connaissance effective des "bords concrets du monde", les LIMITES garantissant sa pérennité d'être vivant.

Nous sommes donc très loin "d'avoir toujours le choix": derrière ce mot LIBERTÉ se cacheraient donc plutôt les mots RESPECT, LIMITES pour la co-existence des êtres vivants, et savoir s'écouter pour être capable de construire un ÉQUILIBRE qui respecte sa propre nature dans la réalité de l'époque que nous vivons et que nous ne choisissons pas... c'est-à-dire en quelque sorte l'inverse d'une extrapolation transcendantale d'une croyance en la liberté absolue.

 

Quoi qu'il en soit, nous pouvons être heureux de vivre à une époque au début du XXIe siècle où une très large partie de la population humaine a hérité de son histoire ce RESPECT, où concrètement des milliards d'êtres humains vivent sans avoir a subir de violence physique quotidienne ni la seule vision et volonté d'un dictateur.

 

A propos des "relations d'équivalence", des "conditions suffisantes" et "nécessaires", iI est à noter que leurs subtilités ne sont enseignées avec précision qu'en 1ère année de cours de mathématiques à l'université, d'où le fait que cette tournure peut en tromper plus d'un.

 

Au passage, l'utilisation des termes "condition suffisante" et "condition nécessaire" en logique en mathématiques pourrait être revisitée, car le mot "condition" signifie en lui même "hypothèse préalable". Ce mot génère donc une confusion de sens dans l'assertion "condition nécessaire" vue que celle-ci exprime que c'est une "conséquence d'une autre hypothèse" et non une "hypothèse préalable", une "condition". Pour être plus clair, on pourrait donc remplacer "condition nécessaire" par "conséquence nécessaire" (voire seulement utiliser le mot "conséquence"); conserver "condition suffisante" (voire simplifier en utilisant le mot "condition" uniquement); et remplacer "condition nécessaire et suffisante" par "proposition nécessaire et suffisante" dans le cas d'une équivalence (les termes simplifiés amèneraient donc à formuler l'équivalence entre une proposition A et une proposition B ainsi : "une proposition A est une condition et une conséquence d'une proposition B", peut être amenant plus de clarté ?).

L'utilisation des phrases "il faut" et "il suffit" en logique pour ces deux "conditions" respectivement "nécessaires" et "suffisantes", seraient elles aussi à retravailler car elles peuvent ainsi amener à des erreurs de sens pour les réalités de nos quotidiens, ce "il faut" pour des conditions nécessaires donnant lieu à des exigences là où il devrait bien s'agir de conséquences.

Un exemple mathématiques : si une fonction atteint un extremum (minimum ou maximum), alors sa dérivée s'annule. La dérivée nulle est une condition nécessaire, mais pas suffisante pour avoir un extremum (la dérivée nulle n'implique pas d'être à un extremum); c'est une conséquence nécessaire du comportement de la fonction en ce point (et non une exigence en terme de besoin: "il faut" que la dérivée s'annule en ce point).

Un exemple accessible à tous dans les entreprises et en marketing/"relation client": sourire, rire, être heureux, la bienveillance,... sont des conséquences d'un environnement qui garantit l'épanouissement d'une vie pérenne pour tous. Conséquences, donc "conditions nécessaires" d'un point de vue de la logique, donc en utilisant les termes de logique "il faut" sourire, être heureux... le basculement vers une "exigence" peut vite se faire : nombre d'entreprises plaquant ce modèle du bonheur au travail où on ne devrait être "qu'un" entre collègues , où "vivre ensemble" devient une exigence (happiness ambassadors, #ONE, #ALLTOGETHER,...) alors qu'avec qui "on ne fait qu'un", l'amitié, est complètement personnel; le marketing s'empressant d'y plonger en plaquant cette "façade du sourire" pour satisfaire le "client roi" qui n'accepte pas qu'on le serve avec une humeur qui ne serait pas au top;... répondant ainsi à cette exigence ultime du "bonheur" dans "l'exercice économique", alors que cet exercice est lui même le nœud du problème déléguant complètement l'autorité et la valeur à notre outil d'échange (l'argent), le cœur de notre abdication devant ce compteur unique que nous imprimons nous mêmes, donnant lieu à des règles du jeu où l'humanisme et la vie n'ont clairement plus la première place.

 

Pour en revenir à"Je pense, donc je suis", l'implication vraie serait donc l'inverse: 

 

"Je suis, donc je peux penser"


A comprendre: "je suis un être vivant humain, donc je suis capable de penser", donc je peux utiliser mes capacités intellectuelles de tri de l'information, d'analyses, de conceptions, d'inventions, d'imaginaires... mais je peux aussi ne pas le faire.

 

Je peux parfois ne pas penser et faire plein d'autres choses qui ne seront pas directement une action de penser : je peux dormir, manger, déféquer, danser, avoir des relations sexuelles, me défendre face à un agresseur, m'entrainer à un sport,... le tout participant à ma réalité de nature d'être vivant.
 

Penser ne serait donc ni une condition nécessaire ni suffisante pour être,

mais serait une capacité du vivant.


Il semble que Descartes avait poursuivi son développement plus largement sous une forme différente ("ego sum, ego existo" : « je suis, j'existe »), que nous apprenons moins souvent à l'école, et qui reflèterait mieux ce point de départ, qui est un mystère (cf. 1-Vivant / 1-Origine / 9), de l'existence par nature des êtres vivants.

Nous pouvons aussi entendre parfois "le monde est mathématique". De la même manière cette proposition est "à l'envers" et devrait plutôt être formulée : "les mathématiques permettent de décrire le monde"; ou bien"Le monde est, et l'espèce humaine possède une capacité de description du monde, de ses formes, ses tailles, ses mouvements, ses interactions,... qui peut être formalisée dans un language commun à l'espèce humaine que l'on appelle mathématiques".

Des confusions de logiques assez répandues entre "causes" et "conséquences", qui parfois peuvent aussi être "cohérentes" car nous ne savons vraiment pas "qui de l'oeuf ou de la poule était là le premier" (?), du fait de la dualité ou de rebouclages réels de certaines réalités.

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Des réalisations techniques sans limite…

Avec notre connaissance qui s'étend tous les jours davantage dans tout le spectre du monde, toute la matière et l'espace, du plus grand au plus petit, du plus loin en arrière, et maintenant aussi très loin devant, nous sommes capables de construire des outils dont les performances dans l'espace et le temps sont simplement à des années lumières des nôtres.

Nous pouvons illustrer ces capacités par de nombreuses machines déjà construites, « robots » qui pour le coup ne nous ressemblent pas, et donc nous déstabilisent moins car nous paraissent sans rapport avec nous, mais qui, pourtant, sont bien des robots qui ont complètement dépassé les performances accessibles par notre propre condition :

  • Un avion commercial est un robot pratiquement autonome, qui peut transporter jusqu'à 800 personnes (A380 - 550 tonnes de charge maximum) avec une fiabilité supérieure à notre probabilité naturelle de mourir, avec un temps de réponse pour sa chaîne d'action la plus rapide de 50ms; quand le temps de transmission d'un seul neurone dans une chaîne sensorielle/moteur de l'Homme est déjà de 40ms (si nous considérons qu'il y a au minimum 3 neurones en série dans toute chaîne de réaction/action chez l'homme, cela donne un temps de réaction minimale de 120ms).

 

  • Les accélérateurs de particules sont des robots qui manipulent et observent la matière à l'échelle des particules élémentaires (en dessous de l'échelle d'un atome); quand notre échelle de manipulation de la matière se situe plutôt autour de l'ordre de grandeur de la pomme.

 

  • Les interféromètres laser sont des robots qui observent les mouvements de l'espace-temps de l'univers à travers les déformations de la Terre à l'échelle atomique; quand notre champ de représentation 3D de notre environnement s'étend, par la vision, sur quelques dizaines de kilomètres, et une plage bien spécifique du champ électromagnétique ambiant (la lumière).

 

  • Internet est un robot planétaire qui peut archiver toute notre connaissance et établir des communications entre tous les points du globe. Il permet par exemple de faire un cours à une classe répartie sur la terre entière (MOOC); quand nous-mêmes, sans aucun outil, ne ferons un cours qu'à, au plus, une centaine de personnes à la fois situées à une distance raisonnable.

 

Toutes ces machines, outils, que l'on pourrait très bien appeler « robots » dans le sens où ils sont tous en nature et architecture homogènes : fait de capteurs, de calculateurs, et d'actionneurs ; sont des robots qui ont de loin des performances supérieures aux nôtres, pour la fonction qu'ils opèrent, dans la matière, l'espace et le temps.

La seule limite de conception, au-delà de la maturité de tel capteur ou tel actionneur à un instant donné, serait de savoir décrire ce que l'on veut. C'est-à-dire en conclusion qu'il n'y aurait pas vraiment de limite : nous le vivons déjà au quotidien, la technologie peut aussi bien nous donner à tous un smartphone avec tous les services de la Terre dessus... que nous emmener sur la Lune.


En ce qui concerne les dimensions relationnelles et émotionnelles de l'espèce humaine, de même cela est faisable : il suffira de savoir les décrire, pour ensuite les traduire en code. Même l'aléatoire et l'incertitude peuvent être reproduits par une machine programmée, tout comme la mise en scène d'un comportement amoureux. Exactement comme les acteurs jouent toutes les émotions humaines sans qu'elles leur soient propres, et que le spectateur les ressent comme si elles étaient réelles, nous pourrons faire mimer à nos machines tous nos comportements et plus. Pourquoi pas un robot humanoïde se déplaçant et se comportant exactement comme un léopard, ou autre ...

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Des machines non vivantes

Toutefois, toutes ces "machines", qui pourront très bien nous ressembler et nous tromper en mimant nos comportements, pourquoi pas en reproduisant le mimétisme jusqu'à l'échelle atomique; qui pourront répondre plus vite que nous à toutes les questions de l'univers; faire nos tâches avec plus de précision, de rapidité et de permanence,... sont des machines qui ne sont pas vivantes.

Pour imaginer qu’une machine soit « vivante » il faudrait déjà que nous ayons connaissance de ce qui fait que les êtres vivants existent, soit la connaissance du principe moteur du Vivant. Et si nous avions connaissance du principe moteur du vivant, il faudrait ensuite que nous ayons la capacité de le « maitriser », pour pouvoir finalement « l’insuffler » à nos machines.

Comme précisé dans la page « l’origine du vivant », il est possible que nous ne sachions jamais ce qui fait que le vivant existe de par notre nature et nos capacités. La frontière « vivant/non vivant » devrait nous permettre de nous donner un repère solide pour donner une place de sens à nos réalisations techniques dans le monde.

En conclusion, quels que soient les outils, leurs performances, leur ressemblance à un humain ou à n'importe quel autre être vivant, il devrait rester cette frontière de nature claire entre:

  • les êtres vivants: dont l'existence vient de l'intérieur.

ensemble fermé de matière, possédant une paroi entre un intérieur et un extérieur, présentant une capacité propre, spontanée, autonome et homogène en tout point de son intérieur, de gestion de la matière et de l'énergie pour réaliser ses processus de construction, de fonctionnement (incluant la maitrise du mouvement), et de maintenance (réalisée par la cellule pour le vivant terrestre - concept d'autopoïèse).
L'existence du vivant stable et pérenne sur le long terme dans l'Univers (au minimum connu ~3,2 milliards d’années sur la planète Terre) mène à supposer que le principe source de construction du vivant, qui est un mystère pour l’espèce humaine, ferait partie des principes permanents de l'Univers (au même titre que "les propriétés élastiques" du vide qui restent aussi une grande énigme pour l’espèce humaine - la relativité restreinte et générale, l'espace-temps, la gravitation - qui créent toutes les structures de l'univers).

 

 

  • les technologies : dont l'existence vient de l'extérieur.
    Assemblage de matière permettant de réaliser des fonctions, dont le processus de construction est réalisé pas des "agents extérieurs" (êtres vivants ou autres technologies).

    Une technologie pourra éventuellement avoir l’apparence de n'importe quel être vivant, reproduire tous ses faits et gestes, ses raisonnements, et en "mieux" (permanence, précision, temps de réponse, ...), pourquoi pas nous tromper au cœur de nos réactions vivantes, mais elle ne sera pas vivante à partir du moment où sa construction, son fonctionnement et sa maintenance ne viennent pas d’une capacité propre, spontanée, autonome et homogène en tout point de son intérieur.

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… et des capacités d’anticipation sans limite

Comme nous l’avons vu précédemment, notre capacité de décrire le monde nous donne des capacités d'anticiper, par analogies/projections de ce qui est connu. Nous avons aujourd’hui une visibilité de plus en plus étendu de notre avenir, du proche au très lointain :

  • La Terre avec ses évolutions climatiques, ses ères glaciaires dont la prochaine devrait arriver dans relativement peu de temps : ordre de quelques millénaires; à voir comment toute la dynamique s'intègre avec le réchauffement actuel, celui-ci pourrait finalement être une opportunité pour nous laisser quelques centaines d'années de plus avant le retour du grand froid et savoir comment le gérer pour l'humanité et la vie;

 

  • Sa tectonique des plaques (réunion de tous les continents en un seul dans quelques 250 millions d'années).

 

  • L'environnement spatial proche: impact de météorites, ...

 

  • Notre soleil, et plus largement de notre système solaire: notamment la disparition complète de la Terre et le vrai risque de disparition de la vie commencée sur Terre avec l'évolution du soleil. Il ne resterait environ qu'un milliard d'années de viabilité sur Terre;

 

  • Notre galaxie et de ses voisines : avec une rencontre potentielle de la voie lactée avec Andromède dans 4 milliards d'années.

 

Cette connaissance est donc une vraie opportunité pour tout le vivant dans son contexte terrestre et spatial : nous ne sommes plus comme les dinosaures qui, « ignorants de tout », ne pourraient que disparaître avec la prochaine météorite percutant la Terre ou avec l'inflation du soleil...

Des capacités adaptées à leur contexte

Si nous revoyons la progression du vivant dans toute son histoire, l'optimisation de toutes ses fonctions au cours du temps (les fonctions vitales, les membres, ...), nous pouvons nous rendre compte que même l'apparition de ces capacités techniques a une certaine cohérence: la vie alors à son apogée en termes de construction d'êtres vivants massifs, avec des êtres vivants terrestres jamais égalés en taille (les dinosaures), s'est faite pratiquement anéantir il y a 60 millions d'années par un caillou de 10km tombé sur Terre, produisant une explosion gigantesque équivalent à un milliard de bombes nucléaires et réactivant des phénomènes tectoniques sur toute la planète.

Comme après chaque cataclysme, le vivant repart et foisonne. Il développe en à peine 60 millions d'années, ce qui ne représente pas grand-chose sur l'échelle des 3 milliards d'années d'évolution de la vie sur Terre, cette "capacité de technologie" qui aujourd'hui peut le protéger d'un caillou qui viendrait percuter la planète. Que l'on comprenne ou non comment cela fonctionne, le vivant dans son contexte sur Terre s'est donné les moyens pour ne plus disparaître avec une météorite qui viendrait percuter la Terre.

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L’homo sapiens, de même nature que l'ensemble des autres êtres vivants, bel et bien construit dans la matière constituée de poussières d'étoiles (les atomes dont nous sommes faits étant concrètement "construits" au cœur des étoiles), aurait donc un rôle important pour l'ensemble des autres êtres vivants de par cette capacité technique très développée qui lui permet d'envisager de pérenniser la vie dans l'Univers au delà de la disparition de la Terre.

 

Il ne tient donc qu’à nous de faire bon usage de cette capacité technique pour être pertinents face à l’avenir, pertinents pour tout le Vivant, comme nous sommes intérieurs à ce phénomène, et que nous ne pourrons pas vivre seuls à "l'extérieur du Vivant"…

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